2 octobre 2022

Algérie : je soutiens Medjdoub Chani

L’appel du mois de juillet 2016 concerne la pratique de la torture en Algérie.
Pour un état qui pratique une justice expéditive, un « bon » prisonnier est un prisonnier qui après avoir été torturé, victime de détention arbitraire et de procès inéquitable est condamné au silence, et disparaît dans le secret de son cachot….
Ce n’est pas le cas de tous les prisonniers. Medjdoub Chani, homme d’affaires algéro-luxembourgeois depuis sept ans a affronté la torture, les geôles algériennes et les méandres d’une justice corrompue…. Sa première plainte pour torture auprès de la justice algérienne est classée sans suite en novembre 2011. En octobre 2012, il s’adresse à la justice du Luxembourg (comme ressortissant national), mais l’enquête piétine faute de collaboration de la part de l’Algérie. Sa dernière chance est la saisine du Comité des droits de l’homme des Nations Unies. Victoire en mai 2016, L’Algérie est condamnée à lui accorder réparation et à conduire une enquête sur les faits.
Cette décision est une véritable source d’espoir, surtout que la constitution algérienne a été amendée en mars 2016 pour inclure la prohibition des traitements cruels, inhumains et dégradants. Nous attendons donc la réaction des autorités algériennes face à la décision du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, afin de déterminer si le pouvoir politique algérien fait des réformes de façade ou s’il a une volonté réelle d’en finir avec la torture.
vous pouvez prendre et signer les appels du mois disponibles dans les églises ou envoyer la lettre ci-dessous

M.Abdelaziz Bouteflika
Présidence de la République
El-Mouradia – B.P. ALGER Gare
ALGERIE

Monsieur le Président,

Le Comité des droits de l’homme des Nations Unies vient de condamner l’Algérie pour la torture et la détention arbitraire de Medjdoub Chani lors de sa détention aux mains du Département du renseignement et de la sûreté en 2009. M. Chani a depuis lors été condamné à 10 et 12 ans d’emprisonnement dans deux affaires, à l’issue de procès inéquitables, et sur la base d’aveux forcés dans l’un des deux cas.
Dans ces circonstances, je vous demande de :
– Mettre en œuvre la décision du Comité en enquêtant sur les allégations de torture et de détention arbitraire et en indemnisant M. Chani ;
– Le libérer immédiatement dans la mesure où sa condamnation a été prononcée à l’issue de procès inéquitables bafouant les droits de la défense, et fondés sur une garde à vue illégale.
Dans cette attente, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’expression de ma haute considération.