CORRESPONDRE AVEC UN DETENU AMERICAIN DES COULOIRS DE LA MORT :

C’est la proposition et l’invitation que vous fait l’ACAT.

Souvent, la première réaction est de se dire : il s’agit de condamnés à mort, ils doivent donc être grandement coupables. Mais ce sont d’abord des êtres humains qui cherchent à entrer en contact avec d’autres êtres humains.  Les correspondants disent qu’ils apportent un peu d’humanité dans un univers carcéral sinistre : (cellules de 9 m3, éclairage jour et nuit, très longue attente dues aux recours et aux procédures, et très souvent rupture de tout lien familial

Puis peu à peu, on s’aperçoit que le couperet de la sentence s’explique par une enquête bâclée : (le coupable idéal est un noir ou un hispanique, « défendu » par des avocats  commis d’office parfois incompétents et souvent peu motivés. La difficulté pour les détenus est de connaître les subtilités de la législation, ainsi que les recours pour pouvoir se défendre).

N’oublions jamais qu’un homme ne peut être réduit à un acte, aussi horrible fût-il. C’est le sens de la prière du Christ agonisant : « Pardonne-leur Père, ils ne savent pas ce qu’ils font ».

Mais alors que dire à cette invitation : comment faire ? Que vais-je dire ? Il faut relire le Petit Prince de Saint Exupéry, quand le renard demande au Petit Prince d’être son ami. Il faut s’apprivoiser l’un l’autre souvent sur des petites choses de la vie courante, des petits riens qui font le bonheur de la vie – ces petits riens auxquels les prisonniers n’ont plus accès dans l’antichambre de la mort. Des liens affectifs forts peuvent en résulter. Souvent les correspondants disent qu’ils reçoivent plus qu’ils n’apportent.

Quelques conditions sont demandées :

  • il faut parler et comprendre l’anglais ou l’espagnol.
  • S’engager dans la durée, et surtout écrire de manière régulière, (en moyenne une fois par mois). Le condamné vit une épreuve douloureuse qui affecte son moral. Vous pouvez être son unique lien avec l’extérieur.
  • Enfin, il faut aussi penser que la correspondance peut être interrompue par l’exécution du condamné.
  • Vous avez toujours le recours à des responsables ACAT pour toutes les questions que vous vous posez.