Disparition forcée de Franklin Mowha : Témoin gênant ou victime d’une rafle ?

Le découpage de l’Afrique par les différentes puissances colonisatrices a créé des régions et des pays qui n’ont pas la même histoire, les mêmes ethnies, les mêmes langues et les mêmes cultures. C’est l’exemple du Cameroun qui a dix régions, huit francophones et deux anglophones, au nord-ouest et sud-ouest.

Ces deux régions autonomes au départ ont été contraintes à la centralisation du pays sous le pouvoir de Paul Bya. Ce dictateur au pouvoir depuis 1982 a construit sa puissance sur un parti unique, des fraudes électorales et une police et une justice utilisée pour museler toute opposition face à son autoritarisme et aux droits de l’homme.

La marginalisation de la minorité anglophone s’est accentuée au fil des ans. Le pouvoir camerounais est resté intransigeant face aux revendications au départ limitées et sectorielles. Le conflit latent est devenu ouvert. Depuis deux ans, le pays est dans une guerre civile. Face à face, les séparatistes anglophones veulent créer un nouveau pays, l’Ambazonie. Ils sont accusée de terroriser les civils et d’attaquer les forces gouvernementales incitant l’armée à riposter. De l’autres l’armée camerounaise et des bandes armées qui pillent les villages, incendient les maisons et ouvrent le feu sur les civils. Chacun accusant l’autre d’exactions graves. Après 20 mois de crise le bilan est lourd. environ 2 000 morts, 170 villages détruits, exactions nombreuses, exécutions sommaires, tortures, pillages, violences sexuelles, 53 000 déplacés, des dizaines de milliers de réfugiés, dont 35 000 au Nigéria .

C’est dans ce contexte que depuis août 2018, Franklin Mowha a disparu. il est président de l’association de défense pour l’intérêt citoyen et membre du réseau de défense des droits humains en Afrique Centrale. Il disait dans une de ces dernières interviews.

“En ma qualité d’activiste humanitaire présent sur le terrain depuis la génèse de la crise, nous avons noué d’importantes relations avec les sécessionnistes d’une part et avec les autorités camerounaises d’autre part. Nos sommes dans une démarche de recherche de solutions, nous voulons voir les droits humains être respectés. C’est-à-dire que les enfants reprennent le chemin de l’école, que des populations vaquent normalement à leurs activités quotidiennes. Ce n’est pas une tâche aisée, puisque nous le faisons au risque de perdre nos vies quand nous sommes du côté des rebelles, et bien avant la crise, j’ai été l’un des clients fidèles des prisons du Cameroun à cause de mon militantisme.”.

Comme aucun des belligérants ne sait ou ne veut donner d’information, demandons au chef de l’état camerounais d’intervenir. … https://www.acatfrance.fr/actuatlité/j-agis-pour-franklin-mowha