26 novembre 2022

Prière du jeudi de l’institution de la Cène

Moment musical et court silence
En cette période de confinement mis en place pour lutter contre l’épidémie, je vous propose une prière pour faire mémoire de l’institution de la Cène, par Jésus, la veille de sa mort. Cette première et unique Cène du Seigneur avec ses douze disciples est la source de toutes les Cènes célébrées par l’Eglise depuis des siècles.

Psaume 111 (110)
De tout cœur je célébrerai le SEIGNEUR au conseil des hommes droits et dans l’assemblée.
2 Grandes sont les œuvres du SEIGNEUR !
Tous ceux qui les aiment les étudient.
3 Son action éclate de splendeur et sa justice subsiste toujours.
4 Il a voulu qu’on rappelle ses miracles ;
le SEIGNEUR est bienveillant et miséricordieux.
5 A qui le craint il a donné le butin, il se rappelle toujours son alliance.
6 A son peuple il a montré la puissance de ses œuvres, en lui donnant le patrimoine des nations.
7 Les œuvres de ses mains sont vraies et justes, tous ses préceptes sont sûrs,
8 établis à tout jamais, faits de droiture et de vérité.
9 A son peuple il a envoyé la délivrance, prescrit pour toujours son alliance.
Son nom est saint et terrible.
10 Le principe de la sagesse c’est de craindre le Seigneur : tous ceux qui font cela sont bien avisés.
Sa louange subsiste toujours.

61-56 Gloire soit au Père

Prière de repentance
Assurés de l’amour de Dieu en Jésus-Christ, reconnaissons notre péché.
En ce premier jour de la semaine, nous regardons vers toi, Dieu d’amour.
Tu nous as donné le pain de chaque jour, tu nous as réjouis par ta création,
Tu nous as assurés de ta miséricorde par le Christ,
Mais nous ne t’avons pas dit notre reconnaissance.
Pardonne-nous.
Tu nous as fait entendre des nouvelles de toute la terre,
Tu as mis devant nos yeux la souffrance de nos frères et de nos soeurs,
Mais nous lui sommes souvent restés insensibles.
Pardonne-nous.
Tu nous as accompagnés dans notre chemin quotidien,
Mais devant les soucis, nous avons été gagnés par la crainte
Et devant la tâche que tu nous indiquais, nous n’avons pas su t’obéir.
Pardonne-nous.
Accorde-nous, Père, des cœurs reconnaissants, attentifs,
Et disponibles pour ton service. Amen.

Déclaration et accueil du pardon
Quand nous étions encore sans force,
Christ, au temps fixé, est mort pour les impies.
C’est à peine si quelqu’un voudrait mourir pour un juste.
Peut-être pour un homme qui est bon, accepterait-on de mourir
Mais en ceci Dieu prouve son amour envers nous :
Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs… (Romains 5,6-7)
Par la mort de Christ, Dieu prouve son amour pour nous.
Par la mort de Christ, nous sommes délivrés de nos peurs, de nos fautes, de notre mort.
Par la mort de Christ, nous sommes réconciliés.
Que son amour, son pardon et sa réconciliation nous relèvent et nous fassent vivre. Amen.

Chant : Oui je veux te bénir str 1 & 2

Prière d’illumination
Dieu tout-puissant, nous te prions :
fais que nous célébrions dans la Cène le souvenir des souffrances de ton Fils,
et qu’ainsi nous obtenions le pardon de nos péchés.
Fais aussi que le récit de ses actions dans ta parole
ouvre nos cœurs à la foi et à l’amour réciproque.
Par ton Fils Jésus-Christ, notre Seigneur. Amen

1 Corinthien 11,23-26
23 En effet, voici ce que moi j’ai reçu du Seigneur, et ce que je vous ai transmis : le Seigneur Jésus, dans la nuit où il fut livré, prit du pain, 24 et après avoir rendu grâce, il le rompit et dit : « Ceci est mon corps, qui est pour vous, faites cela en mémoire de moi. » 25 Il fit de même pour la coupe, après le repas, en disant : « Cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang ; faites cela, toutes les fois que vous en boirez, en mémoire de moi. » 26 Car toutes les fois que vous mangez ce pain et que vous buvez cette coupe, vous annoncez la mort du Seigneur, jusqu’à ce qu’il vienne.

Matthieu 26,26-29
26 Pendant le repas, Jésus prit du pain et, après avoir prononcé la bénédiction, il le rompit ; puis, le donnant aux disciples, il dit : « Prenez, mangez, ceci est mon corps. » 27 Puis il prit une coupe et, après avoir rendu grâce, il la leur donna en disant : « Buvez-en tous, 28 car ceci est mon sang, le sang de l’Alliance, versé pour la multitude, pour le pardon des péchés. 29 Je vous le déclare : je ne boirai plus désormais de ce fruit de la vigne jusqu’au jour où je le boirai, nouveau, avec vous dans le Royaume de mon Père. »

Prédication pour se préparer à la Sainte Cène (1 Co 11,28)
de Pierre du Moulin (1568-1658)

Quand nous nous rendons au culte, pour écouter la Parole de Dieu et participer à la Cène, nous devons considérer que nous nous présentons devant le Dieu saint, malgré toute notre faiblesse, dans sa maison, et nous devons nous rappeler ce qu’est la Cène. Paul nous exhorte à nous examiner nous-mêmes, mais cet examen est difficile, car nous sommes souvent aveugles pour nos propres défauts, alors que notre perception des défaillances des autres est souvent exagérée. Or cette attitude est néfaste, car elle nous empêche de progresser. L’examen de soi doit se concentrer sur deux choses : la réalité de notre repentance, et l’existence de notre foi. « La repentance regarde aux choses que Dieu attend de nous, mais la foi se propose les choses que nous attendons de Dieu. L’une regarde les commandements de Dieu, l’autre ses promesses. L’une règle nos actions, l’autre nos croyances. »

La repentance commence par la connaissance de ses péchés. Il ne s’agit pas de nous comparer à nos semblables, mais de nous mesurer aux exigences de la loi de Dieu, et notamment l’amour de Dieu et du prochain. Or l’Ecriture associe amour de Dieu et obéissance, de sorte que celui qui désobéit n’a pas d’amour pour Dieu. L’examen de nos péchés ne doit pas se contenter de l’extérieur, mais doit pénétrer nos pensées et affections intérieures, ainsi que nos paroles. Il ne doit pas se contenter du mal que nous avons fait mais doit embrasser tout le bien que nous avons omis de faire. Il faut se méfier des faux semblants. Ainsi, l’idolâtrie peut se cacher dans le culte du corps, dans les excès de table ou encore l’amour de l’argent, le meurtre dans le refus de générosité, et bien des convoitises charnelles peuvent rester camouflées dans notre cœur. De même, il faut démasquer les déguisements du péché, qui sait parfois se faire passer pour une vertu : l’avare se veut bon gestionnaire etc. A cela s’ajoute que non seulement nous nous rendons coupables de péchés, mais nous péchons également en approuvant les fautes des autres. Celui qui écoute des blasphèmes et en rit, ne vaut guère mieux que le blasphémateur, et il se rend doublement coupable, en ne mettant pas en garde le malfaiteur. Et ce n’est pas tout. Quelle part de notre temps avons-nous employé à avancer dans la foi, dans la connaissance et dans la crainte de Dieu ? Pis, nous nous donnons tout entier à nos occupations mondaines et nos divertissements, alors que notre esprit s’égare quand il s’agit de prier ou d’écouter la Parole. « Tout bien compté, il se trouve que Dieu n’a pas seulement la moindre partie de notre vie, mais aussi la pire, et celle à laquelle nous apportons le moins d’attention. » Nos bonnes actions, quant à elles, procèdent souvent de mauvais motifs ; ainsi, la crainte d’une mauvaise réputation ou la volonté d’être bien vu peuvent générer certains comportements vertueux. Bref, notre examen de nous-mêmes est souvent superficiel, et quand nous nous examinons en profondeur, le résultat n’est guère réjouissant, ce à quoi s’ajoute que bien de fautes restent cachées à nos yeux, sans pourtant être cachées à Dieu. Ces pensées sont douloureuses pour quiconque aime Dieu et le pousser à la repentance, mais cette douleur est salutaire, car elle pousse le croyant à « changer de vie par un vrai et sérieux progrès, et un désir ardent de conformer pour l’avenir sa vie à la volonté de Dieu ». Ainsi, l’homme se trouve dans la bonne disposition pour prendre la Cène.

L’Ecriture toute entière nous enseigne que la foi est nécessaire au salut. La foi est en quelque sorte la main qui reçoit la grâce venant de Dieu. Il convient donc de « tâter le pouls de nos consciences pour reconnaître s’il est tranquille et réglé, et si elles se reposent en Jésus-Christ et en sa mort ». Cet examen n’est pas sans difficulté, notamment parce qu’il y existe plusieurs sortes de fausse foi : la foi hypocrite, qui se résume à la profession extérieure ; la foi endormie qui se repose vaguement sur la miséricorde de Dieu ; la foi ignorante, par laquelle un homme se fie en ses propres mérites, la foi qui n’est que adhésion au contenu des Ecritures. « La vraie foi », par contre, « est celle par laquelle non seulement nous croyons que les promesses de Dieu sont véritables, mais aussi que ces promesses nous appartiennent ». Du Moulin aborde ensuite les caractéristiques de la vraie foi. Tout d’abord, elle donne paix à l’âme et calme la conscience. Qu’a-t-il à craindre pour celui pour qui le Christ est mort ? Bien entendu, cette confiance n’est appropriée que si elle suit un temps de doutes et de troubles ; « on ne vient pas à cette paix et tranquillité de l’âme qu’après des combats et agitations intérieures ». De même, se calme prouve qu’il n’est pas simple endormissement parce qu’il nous porte dans les afflictions de la vie. Le prédicateur cite plusieurs signes de l’authenticité de notre foi : l’amour de Dieu qui remplit nos cœurs, notre désarroi face aux insultes faites à Dieu, notre perception de la main de Dieu derrière les bienfaits qui nous sont faits, notre souffrance face à notre péché et à celui du monde, l’amour des croyants et du prochain et plus généralement les bonnes œuvres qui marquent notre vie. En effet, « pour être assuré de son salut, il n’est pas besoin de fouiller les secrets de la prédestination, ni de feuilleter le livre de la vie. Il y a d’autres livres dans lesquels nous pouvons trouver cette assurance. Il y a le livre de l’Evangile qui dit que quiconque croit en Jésus-Christ ne périra pas, mais aura vie éternelle. Il y a aussi le livre de la conscience, par lequel le fidèle sent en soi-même qu’il croit en Jésus-Christ et ne met sa confiance en aucun autre … ». Amen

Confession de foi (Symbole des apôtres)
Nous croyons en un seul Dieu, le Père tout-puissant, créateur du ciel et de la terre,
de toutes les choses visibles et invisibles ;
et en un seul Seigneur Jésus-Christ, le Fils unique de Dieu,
engendré du Père avant tous les siècles, lumière de lumière, vrai Dieu de vrai Dieu,
engendré, non créé, consubstantiel au Père, par qui tout a été fait.
Pour nous, les hommes, et pour notre salut, il est descendu des cieux ;
par le Saint-Esprit il s’est incarné de la Vierge Marie, et s’est fait homme ;
il a été crucifié pour nous sous Ponce Pilate ; il a souffert ; il a été enseveli ;
il est ressuscité le troisième jour, selon les Ecritures, il est monté aux cieux ;
il siège à la droite du Père et il reviendra en gloire juger les vivants et les morts,
lui dont le règne n’aura pas de fin ;
et en l’Esprit-Saint, qui est Seigneur et qui vivifie ; qui procède du Père et du Fils ;
qui ensemble avec le Père et le Fils est adoré et glorifié ; qui a parlé par les prophètes ;
en une seule Eglise sainte, universelle et apostolique.
Nous confessons un seul baptême pour la rémission des péchés.
Nous attendons la résurrection des morts et la vie du siècle à venir. Amen.

Intercession
Père, par ton Esprit tu renouvelle sans cesse ton Église
Tu nous accompagnes. Tu nous appelles à ton service.
Par ton Esprit, donne-nous le courage de confesser le nom de Jésus-Christ.
Aide-nous à aimer nos frères et nos sœurs, à agir comme des prochains vis-à-vis d’eux,
à leur faire part de ce que tu nous a donné.
Que l’Évangile rayonne sur cette terre et que partout l’Esprit-Saint suscite des ouvriers pour ton royaume.
Envoie-nous Seigneur, comme témoins de la Bonne Nouvelle, de ton amour révélé en Jésus-Christ. Amen
Comme Jésus l’a enseigné à ses disciples, nous te disons :

Notre Père
Notre Père qui es aux cieux,
que ton nom soit sanctifié,
que ton règne vienne,
que ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel.
Donne-nous aujourd’hui notre pain de ce jour ;
pardonne-nous nos offenses
comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés.
Ne nous soumets pas à la tentation
mais délivre-nous du mal,
car c’est à toi qu’appartiennent
le règne, la puissance et la gloire,
aux siècles des siècles. Amen.

Bénédiction
Recevez la bénédiction du Seigneur :
Que le Seigneur soit avec vous.
Que sa grâce soit sur vous.
Allez dans la paix du Seigneur. Amen.