20 janvier 2022

En Tunisie, la réconciliation nationale ne doit pas passer par l’amnésie et l’impunité.

Après le soulèvement populaire qui a renversé la dictature Ali en 2011, le gouvernement de coalition tunisien a

promis la justice transitionnelle pour aider la société qui sort d’une dictature à affronter le passé et à restaurer

l’Etat de droit pour construire l’avenir.

Cette démarche comprend la reconnaissance des exactions et des tortures commises sous le régime précédent

et la dénonciation et le jugement des coupables des tortures. Or le régime actuel préfère l’impunité !

Rached Jaidane en a été une victime emblématique. En 1993, il se rend en Tunisie pour assister au mariage de

sa soeur. Arrêté, trente-huit jours de détention au secret et de torture, il doit signer des aveux reconnaissant sa

culpabilité. Condamné à 26 ans de prison à l’issu d’un procès de 45 mn, il est libéré en 2006, après 13 ans de

torture et de mauvais traitements. Son frère jumeau aujourd’hui disparu a subi aussi le même sort.

En 2011, à la chute du régime Ali, confiant dans la justice de son pays, il utilise les voies de recours pour obtenir

justice en portant plainte contre ses tortionnaires. Sa plainte mène bien à l’ouverture d’un procès, mais le

verdict rendu en 2015 parle de prescription, les faits sont trop anciens les anciens tortionnaires repartent

libre !

En septembre 2017, à la suite d’une plainte conjointe déposée par l’ACAT et TRIAL international, le Comité des

Nations Unies contre la torture a condamné la Tunisie pour les sévices infligés à Rached Jaidane. Ce dernier

s’est pourvu en cassation contre la décision de la cour d’appel, soutenons le en écrivant au président de la

république tunisienne. https://www.acatfrance.fr/actualite/jagis-pour-rached-jaidane-