21 mai 2022

GUINEE : Je soutiens les victimes de Zoghota !

La Guinée possède des réserves inépuisables de fer dans la chaîne de montagne de Simandou, ce qui attire les convoitises des gouvernements et des firmes multinationales.

En 2010; le gouvernement guinéen autorise la société Vale/BSGR à exploiter plusieurs sites autour de Soghota. La production est estimée à 28 millions de tonnes annuellement sur une période de 15 ans.

Les communautés vivant sur ce territoire n’ont pas été consultées sur les décisions du pouvoir politique. Sans compter que ces activités d’exploitation perturbent l’environnement et souillent le Mont Yono, la montagne sacrée qui leur servait de lieu de culte traditionnellement. Les vagues promesses faites par les sociétés ne sont pas respectées (promesses d’embauche des jeunes de ces communautés, manque d’eau et d’électricité des riverains alors que les ouvriers en disposent). Dix-neuf communautés riveraines se  rassemblent en une plate-forme pour faire porter leurs exigences aux autorités régionales et préfectorales, dans un contexte de violence grandissante. Le 31 juillet 2012, après une occupation du site par les habitants, une rencontre est organisée le 3 août 2012, avec une délégation des responsables de la société et d’une délégation gouvernementale dépêchée par Alpha Condé, le chef de l’Etat.

Dans la nuit du 3 au 4 août 2012, le village de Zoghota est attaqué par l’armée, la police et la gendarmerie, les maisons sont incendiées, six personnes perdent la vie, d’autres sont arrêtés et torturés avant d’être relachés.

Le 22 août , l’ONG les Mêmes Droits pour Tous (MDT) partenaire de l’ACAT-France porte plainte. En 2017, MDT et l’association Advocates for Community Alternatives (ACA)  découvrent que l’entreprise Vale/SGR s’est associée aux forces de sécurité pour planifier l’attaque. Devant l’inaction du gouvernement, l’affaire est portée devant la cour de justice de la Communauté Economique de l’Afrique de l’Ouest (CEDAO)

Après deux ans de procédure, la CEDAO reconnait la Guinée coupable de violation du droit à la vie. Elle condamne l’Etat de la Guinée au paiement d’une somme de 4,54 milliards de francs guinéens (soit 463 000 dollars). Depuis on attend que l’Etat guinéen exécute de verdict, et qu’une enquête sérieuse sur les liens entre les pouvoirs publics et la société Vale/BSGR soit menée. Ecrivons au nouveau Premier Ministre  . Je soutiens les victimes de Zoghota ! | ACAT France