21 mai 2022

Textes et homélies

Message du Père Guimet 

Chers paroissiens, chers amis,

Nous sommes arrivés à la fête de Pâques, c’est toujours impressionnant de contempler le Christ dans son obéissance : perdre sa propre vie pour l’humanité captive et aimer à la folie selon la mission reçue du Père, voilà ce qui lui convient. J’essaie de me faire disciple et je vous le souhaite à tous.

Permettez-moi de vous dire que je vis quelque chose de particulier. Je suis en retrait, je ne peux célébrer avec vous. Je suis un pasteur qui doit d’abord se soigner pour revenir vers vous en forme.

Je vois mon chirurgien le mercredi 7 avril et nous organiserons le calendrier au plus bref pour les pontages coronariens et le changement de la valve mitrale. D’après les médecins -les cardiologues en particulier- le respect des distanciations physiques est absolument vital pour moi. Il ne faut pas le plus petit microbe ou le plus petit virus pour que le soin puisse se déployer.

Je vous prie de me pardonner cette mise à distance qui est difficile à vivre. Chaque année, depuis 39 ans, j’ai eu la joie de présider les célébrations pascales et là je les reçois dans l’intimité. Je compte sur votre prière et sur votre amitié.

À Mâcon, le jeudi saint 1er avril 2021

Père André Guimet

 

17 janvier 2021 – 2ème dimanche du temps ordinaire – année B

         Évangile selon saint Jean 1, 35-42

         Homélie du Père André Guimet

Et notre vocation chrétienne, comment va-t-elle ?

N’oublions pas, Dieu appelle qui il veut, quand et comme il veut ! Et la liberté pour répondre est immense ! Samuel va mettre du temps à découvrir que c’est Dieu qui lui parle ! Et ici c’est nécessaire de nous poser la question : qui va nous aider à reconnaître la voix divine ?

Les textes d’aujourd’hui nous montrent plusieurs manières de faire les présentations entre Dieu et celui qu’il appelle.

Il y a le prêtre Eli qui comprend que c’est Dieu qui appelle le jeune Samuel et qui lui dit de répondre : « parle, ton serviteur écoute ».

Il y a le psalmiste qui a été mis dans la joie par une lecture savoureuse de la loi : « dans le livre est écrit pour moi ce que tu veux que je fasse ».

Et nous, nous rappelons-nous les conseils reçus de véritables amis ? Avons-nous pu goûter la douceur de la parole de Dieu : « Mon Dieu, voilà ce que j’aime : ta loi me tient aux entrailles » ? Et puis il y a les premiers disciples de Jésus ! J’aime cette largeur de vue de Jean le Baptiste, il est capable de désigner Jésus à ses propres disciples : « voici l’agneau de Dieu ». et ils suivent Jésus qui leur demande : « que cherchez-vous » ? et non seulement il y a une recherche personnelle qui aboutit mais André est capable de conduire son frère Simon vers celui qu’il a reconnu comme le Messie ! Et nous que cherchons-nous ? Avec qui partageons- nous ce qui nous paraît le plus important ? En famille, avec nos proches sommes-nous capables de désigner ce qui est le plus précieux à nos yeux ? « Vois, je ne retiens pas mes lèvres, Seigneur, tu le sais. J’ai dit ton amour et ta vérité à la grande assemblée. » (Ps 39)

10 janvier 2021 – Baptême du Seigneur – année B

         Évangile selon saint Marc 1, 7-11

         Homélie du Père André Guimet

Le Baptême de Jésus dans l’Évangile de Marc ne prend pas beaucoup de temps. Pour raconter de manière vive « la Bonne Nouvelle de Jésus, Christ, Fils de Dieu », Marc en quelques versets a présenté Jean le Précurseur comme « cette voix qui crie dans le désert », comme celui qui « prépare le chemin du Seigneur ». Et là il proclame le baptême de Jésus au passé comme si ce n’était pas très important.

L’essentiel c’est l’ouverture qui se réalise avec Jésus bien plus grande que le fait qu’il se présente au milieu des foules de pénitents. Ce qui doit être noté c’est que cela ne l’incommode point d’être au milieu des pécheurs qui avouent leurs fautes et surtout leur désir de conversion, de retournement en recevant le baptême de Jean dans le Jourdain. Pourquoi Jésus qui est sans péché a-t-il besoin d’être baptisé ? Même Jean proteste (dans l’Évangile de Matthieu).

Voilà une dimension de l’Incarnation. En se faisant pleinement homme, le Fils sanctifie nos façons d’être en face de Dieu, par la prière, par la louange et aujourd’hui dans la démarche de conversion. Jésus habite notre condition humaine en tout hormis le péché et il est descendu au plus bas, dans l’eau du Jourdain. Devant Jean, Jésus se fait tout petit. Et quand  « il remonte de l’eau », les cieux sont remués, l’Esprit descend sur lui comme une colombe et une voix céleste s’adresse à Jésus – et à lui seul pour le moment – pour lui dire « tu es mon Fils bien aimé, en toi je trouve ma joie ».

Le baptême du Seigneur est ainsi une vraie théophanie comme l’épiphanie, mais d’abord pour Jésus. Il s’agit de son épiphanie où peut s’inscrire son Mystère : Jésus est vrai homme et il est vrai Dieu.

Méditons le lien qui unit le Père et le Fils par l’action du Saint Esprit. Par notre baptême, nous sommes unis à notre tour au Fils et au Père. La Parole de Dieu a fécondé la terre, « elle a accompli sa mission », elle a pris chair en notre humanité et nous pouvons reconnaître le don de Dieu, le don de toute sa joie en son Fils Jésus.

25 décembre 2020 – JOUR DE NOËL – année B

         Évangile selon saint Jean 1, 1-18

         Homélie du Père André Guimet

            Les textes du jour de Noël ne sont pas ceux de la nuit. Nous avons deux prologues, deux commencements solennels : celui de l’Évangile de Jean bien sûr et celui de l’Épître aux Hébreux.

À la différence de la nuit, nous n’avons pas l’irruption du Fils de Dieu dans notre monde et sa révélation aux bergers mais une double méditation sur qui est ce Fils « venu en notre chair ».

Jean nous renvoie au commencement absolu, il ne raconte pas Noël mais il nous donne une réflexion toute théologique sur la venue de Jésus. Noël n’est pas le début de l’histoire. Avant qu’il naisse en notre chair, Jésus Christ, le Fils de toute éternité est à découvrir : une seule personne en deux natures. La nature humaine nous l’avons fêtée avec les anges, les bergers, avec Joseph et Marie, cette nuit. Ce matin Jean nous donne à contempler la nature divine. Celui qui est à accueillir en vérité est la Parole, le Verbe qui est depuis l’origine. « Le verbe était au commencement auprès de Dieu, c’est par lui que tout est venu à l’existence ».

La Parole de Dieu est de toujours à toujours et l’épître aux Hébreux ne dit rien d’autre. Le christ est la Parole ultime, après tous les prophètes, « à la fin, en ces jours où nous sommes (Dieu) nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé le monde. »

Le Christ possède une véritable intimité avec Dieu parce qu’il est le Fils et « il porte l’univers par la puissance de sa parole »  dit l’épître et l’Évangile de Jean ne dit pas autre chose.

Vient alors dans le prologue de Jean la rencontre inédite du Verbe divin avec la chair de notre humanité. « Et le Verbe s’est fait chair et il a habité parmi nous. » Noël c’est bien l’union des deux natures : humaine avec Marie et divine avec l’irruption de Dieu dans notre histoire et la possibilité pour les êtres humains de devenir, par le christ Jésus, enfants de Dieu. « À tous ceux qui l’ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu, eux qui croient en son nom.»

Le message de Noël se développe ainsi : Dieu ne nous a pas seulement créés, il est avec nous. Il accepte de venir en notre temps et ceci est valable pour chaque génération. À la suite de Marie, des bergers et avec tous les chercheurs de Dieu, comme les mages, ouvrons nos yeux pour contempler le mystère et, avec les anges, ouvrons nos lèvres pour chanter la naissance du Sauveur.

24 décembre 2020 – NUIT DE NOËL – année B

         Évangile selon saint Luc 2, 1-14

         Homélie du Père André Guimet

            Que pouvons-nous nous souhaiter ? Que pouvons-nous souhaiter à notre monde ? Et ce souhait, qu’il ne vienne pas seulement de nous mais qu’il vienne du Seigneur Dieu de l’univers car il vient pour réjouir le Ciel et la terre.

Voici la nuit de lumière et de joie, « la campagne tout entière est en fête, les arbres des forêts dansent de joie.» C’est le psaume 95 qui dit cette joie. C’est Isaïe qui entrevoit la naissance d’un enfant à qui quatre titres sont donnés : « Conseiller merveilleux, Dieu fort, Père à jamais, Prince de la paix ». Pour nous ces titres peuvent être attribués à l’enfant né dans la nuit, « emmailloté et couché dans une mangeoire. » Cet enfant sera signe de « l’amour jaloux du Seigneur » mais quand Dieu reprend pied chez lui, quand il s’incarne, il dissipe les peurs, il apporte la paix mais cela se fait presque en cachette.

Marie et Joseph ont part à la grande histoire universelle, les premiers versets de notre Évangile de la nuit (Luc 2, 1-5) nous racontent « l’édit de l’empereur Auguste ordonnant de recenser toute la terre ». Marie et Joseph s’inscrivent dans cette grande histoire mais Joseph « fils de David » est un simple charpentier et la naissance va se passer au cours d’un voyage, comme tant de migrants, et l’enfant n’a comme berceau qu’une mangeoire.

Il y a donc une mangeoire, un enfant, Marie et Joseph en contemplation et des bergers ! Qui sont ces bergers qui prennent tant de place dans le récit de la naissance de Jésus ? Ils ne sont pas grand-chose, ils vivent dehors, y compris la nuit, ils sont au contact des animaux et de leur sang quand ils les soignent et donc impurs. Il faut ainsi que la Bonne Nouvelle soit annoncée aux pauvres. C’est à eux qu’est annoncé le chant des anges, le Gloria que nous n’avons pas chanté pendant tout l’Avent pour nous réjouir encore plus de la « gloire de Dieu au plus haut du Ciel et de la paix de Dieu pour tous les hommes ». Nous suivons les bergers car selon l’oracle de Michée (au chapitre 5) Dieu suscitera des pasteurs qui prendront soin de son peuple quand il enverra son Messie, son Christ. C’est pourquoi, cette nuit, ce sont eux les premiers à pouvoir reconnaître le Sauveur donné à tous les pauvres de la terre car ils font partie des veilleurs qui en ont le souci. Et grâce à eux, autour de l’enfant couché dans la mangeoire, retentit le Message de Noël : Dieu est le Père, Notre Père et tous les hommes sont frères.

Nous sommes fragiles et pourtant invités à partager la vie de Dieu. Que cette année 2020, difficile à cause de la pandémie, nous aide à accueillir ce que Dieu souhaite !