20 janvier 2022

Pierre et Mohamed a séduit le public

 

Dans le cadre d’une soirée organisée par les groupes interreligieux de Mâcon et de Chalon sur Saône et le Service de Formation du diocèse d’Autun, la pièce de théâtre « Pierre et Mohamed » écrite par Adrien Candiard a été jouée à l’église Notre Dame de la Paix, devant près de 400, catholiques, protestants et musulmans.

L’œuvre, plébiscitée par le public, raconte une histoire vraie, tirée des homélies de Monseigneur Pierre Claverie, dominicain et évêque d’Oran, et des notes prises dans un carnet par son jeune chauffeur algérien Mohamed Bouchiki. Tous deux ont été assassinés le 1er août 1996 pendant la décennie noire qu’a traversé  l’Algérie et qui a fait près de 300 000 morts.
Cette magnifique histoire d’amitié et de fraternité entre deux hommes que tout opposait, est l’illustration d’un véritable dialogue interreligieux, fruit d’une expérience humaine concrète, d’une amitié entre deux hommes.

C’est une réponse magistrale à la question que la société se pose aujourd’hui « comment vivre ensemble en paix ?». Pour cela ils affirment : que leurs différences sont richesses «  J’acquiers la conviction qu’il n’y a d’humanité que plurielle »,
que la connaissance et le respect de l’autre sont indispensables « découvrir l’autre, vivre avec l’autre, entendre l’autre, se laisser aussi façonner par l’autre cela ne veut pas dire perdre son identité, rejeter ses valeurs, cela veut dire concevoir une humanité non exclusive »,
que les libertés doivent être défendues, «  il ne s’agit pas d’écouter l’autre pour le convaincre qu’il a tort mais de l’écouter pour le comprendre », qu’il faut entamer le dialogue «c’est par lui que nous sommes appelés à exprimer notre foi en l’amour de Dieu qui aura le dernier mot sur toutes les puissance de division et de mort »,
continuer le partage, rester debout et dire non à l’ignominie et au rejet de l’autre. « Il faut que l’autre existe sans quoi nous nous exposons à la violence, l’exclusion et au rejet ».
Ces deux hommes l’ont vécu ainsi, au quotidien, simplement, comme une évidence.

La justesse du jeu de Jean-Baptiste Germain, qui passe d’un personnage à l’autre en changeant d’accent et grâce à un jeu de lunettes, la sobriété du décor et de la mise en scène et l’originalité de l’animation musicale proposée par Francesco Agnello, (il joue du hang, un instrument métallique en forme de soucoupe volante), ont redonné vie à Pierre et à Mohamed. Ils sont un exemple de ces hommes de bonne volonté qui chacun avec leur langage vivent l’amour du prochain.

A la suite du spectacle, un dialogue riche et émouvant s’est établi avec les artistes qui ont répondu avec parfois beaucoup d’humour aux questions du public.

Agnès Gonnot

www.pierre-et-mohamed.com, pour plus d’informations sur la troupe ou la pièce

https://www.youtube.com/watch?v=P65St8M-m1o, un lien pour entendre et voir Francesco Agnello joué du hang (lors d’un concert à Rome)