2 octobre 2022

R… comme Richesse

La joie d’être ensemble

IMG YB«Ô temps suspends ton vol… » des instants magiques de contemplation, de réconfort et de joie d’être ensemble, en famille. Une richesse à la portée de tous et de chacun qu’on n’échangerait pour rien au monde.
Après des mois moroses, où le souci du lendemain
l’emporte sur les difficultés à vivre de chaque jour, ce
numéro d’été voudrait aider à vivre chaque instant
comme un véritable trésor à partager.
On parle beaucoup de radicalisation, de terrorisme,
face à la violence aveugle d’une jeunesse souvent
manœuvrée parce que désœuvrée.
Ces pages témoignent d’une autre jeunesse active et efficace. En plein été, des milliers de jeunes se retrouveront au cœur de la Pologne, à Cracovie, près des camps de la mort autour du pape François. Peut-être fera-t-il écho à ses paroles du 6 mai dernier pour la réception du prix Charlemagne : « Avec l’esprit et avec le cœur, avec espérance et sans vaine nostalgie, comme un fils qui retrouve
dans la mère Europe ses racines de vie et de foi, je rêve d’un nouvel humanisme
européen. Je rêve d’une Europe jeune, capable d’être encore mère… qui prend
soin de l’enfant, qui secourt comme un frère le pauvre… qui écoute et valorise
les personnes malades et âgées… où être migrant ne soit pas un délit…
Je rêve d’une Europe où les jeunes respirent l’air pur de l’honnêteté, aiment la
beauté de la culture et d’une vie simple, non polluée par les besoins infinis du
consumérisme ; où se marier et avoir des enfants sont une responsabilité et
une grande joie, non un problème du fait du manque d’un travail suffisamment
stable… Je rêve d’une Europe qui promeut et défend les droits de chacun, sans
oublier les devoirs envers tous. La scénographie de l’anniversaire de Verdun
illustrait à l’envi ce rêve du pape François. Une jeunesse multicolore prenant la
relève pacifiée des ennemis d’hier : « On est jeune ! Wir sind da ! (nous sommes
là) On reste ! » Pour terminer, j’ai envie de vous dire : Allez en paix !
Et bon été à tous !

Yves Bachelet


R… comme Richesse

                                     Être ou avoir

Pour évoquer la richesse, nous avons rencontré deux hommes au profil dissemblable : Olivier, célibataire, qui a quitté sa profession pour donner de son temps aux scouts de Mâcon et qui envisage un mode de vie le plus autonome possible ;Nicolas, marié et père de deux enfants, chef d’entreprise à Mâcon de « Meilleurtaux.com ».

À la question « qu’est-ce qu’être riche ? » la première réponse fut d’ordre matériel. Nicolas : « C’est quand tu peux te payer des choses sans réfléchir. »NicolasOlivier : « La richesse, c’est ce qui est au-delà de tes besoins vitaux. » Et très vite, la réflexion s’est étendue. Nicolas : « C’est être épanoui dans sa vie affectivement, intellectuellement ; c’est être en bonne santé, être heureux.  Il y a aussi la richesse intellectuelle, la fierté de construire quelque chose, une famille par exemple. Pour ma société, je suis parti de rien ; et quand je vois ce qu’elle est devenue, ça me procure un sentiment de fierté. » OlivierOlivier : « Il y a en effet un sentiment de plénitude dans ce que l’on réalise. On peut être riche aussi d’un idéal. Ce qui compte, c’est avoir une bonne opinion de soi. On peut avoir des désirs qui dépassent nos besoins ;  j’ai questionné mes passions et je me suis aperçu qu’un certain nombre de choses ne m’étaient pas nécessaires. Du coup, j’essaie d’avoir une maîtrise de moi-même, de mes propres besoins.  Et, je plaide pour une société qui consomme moins. »

Salaire minimum

Olivier : « Je pense qu’il y a des métiers utiles qui ne produisent pas de richesses – par exemple, encadrer des jeunes. Mais il y a nécessité qu’on rémunère mon travail car il est essentiel ; donc je demande un salaire minimum pour vivre. Et je décide de me passer du maximum d’argent car ça n’est pas une priorité mais juste un moyen pour subsister. Je refuse d’être dans l’accumulation d’argent. » Nicolas : « J’entends le discours d’Olivier. Ma vie a changé quand je me suis marié et mes besoins aussi. Moi je travaille pour faire vivre confortablement ma famille, pour payer ma maison et vivre mes passions ; j’essaye aussi d’être prévoyant pour l’avenir des miens. Je ne travaille pas pour gagner beaucoup d’argent – j’ai la chance d’en gagner correctement. Mais par mon travail, je veux m’épanouir ; et cet épanouissement passe par le service à mes clients. » Si les moyens pour y arriver sont différents, le but est le même : être riche, pour l’un comme pour l’autre, ça n’est pas tant avoir qu’être. Et pour nous qu’est-ce qu’être riche ?

Propos recueillis par Pierre Labruyère


R… comme Richesse

                                 Le poids d’une vie

C’est par un testament qu’un être humain se sépare des biens acquis durant sa vie. Cet acte, à la fois dérisoire et symbolique, exprime l’inéluctable passage vers le monde immatériel. L’être humain est conscient de ce retour vers sa nudité, mais souhaite probablement laisser ainsi son empreinte par cette volonté ultime. Il sait toutefois que cette dernière décision est bien de tout donner et donc de se dépouiller à l’extrême de ses biens matériels. IMG 5Toutefois, chaque homme laisse aussi de lui une trace qui dépasse tout ce dont il est humainement propriétaire. Sa richesse n’est-elle pas, au-delà de celle inscrite sur son testament, ce supplément d’âme qui aura pénétré le cœur de tous ceux qu’il aura rencontrés ? À chacun d’apporter sa réponse. Sur le chemin de la vie nous avançons entre le commencement et la fin. Entre ces deux extrémités nous vivons et tentons de communiquer, d’échanger et d’aimer. Ces biens là sont éphémères Ce chemin est court mais nous offre la liberté d’en choisir le tracé.

L’accessoire ou l’essentiel. Il n’est pas toujours facile de définir la frontière entre ce qui réconforte et ce qui enferme. Les biens matériels sont importants s’ils favorisent la relation aux autres, mais ces biens-là sont éphémères. La véritable richesse ne peut pas s’inscrire sur le testament car elle n’a pas de valeur marchande et grandit quand on la donne. Lorsqu’un être quitte notre monde nous réalisons tout ce dont il était porteur et que nous n’avons pas su recevoir. La présence d’un être cher disparu nous manque, mais l’évocation de son souvenir nous rassure. Quel est donc le poids de la vie d’un homme au terme du chemin terrestre ? N’est-ce vraiment que la somme de ses biens ? Ne serait-ce pas plutôt cette chaleur laissée dans le souvenir de chacun, et la façon de s’être attaché à un essentiel souvent bien éloigné des richesses matérielles. Alors redonnons à cette richesse-là sa véritable place, marchons vers les autres et aimons sans retenue. Le voyage terrestre ne peut pas se terminer seulement par un testament…

Bernard Chevallier


Le sommaire du numéro  241.

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n°241 – Juin 2016Sommaire juin 2016

Sommaire

 

 

Michel P.

Marié avec Carine depuis 1975 4 enfants & 12 petits enfants Ingénieur ESEM Professeur Certifié retraité de l’Éducation Nationale

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