3 juillet 2022

RDC : Je soutiens la lutte contre l’impunité

La République Démocratique du Congo a été gouvernée pendant trente-deux ans par le dictateur Mobutu Sese Sako. Chassé en 1997, c’est la famille Kabila qui a dirigé le pays d’une main de fer. En 2019, l’arrivée à la présidence de la République de Felix Tshisekedi, marque un tournant dans la gouvernance du pays.

La RDC a connu un conflit interminable entre 1993 et 2003 et la violence n’a jamais cessé depuis. Pendant ce conflit, les Nations Unies ont envoyé des enquêteurs pour effectuer un travail d’investigation et identifier les coupables. Il en est résulté le rapport Mapping.

La lecture de ce rapport (en ligne sur Internet) est une longue descente aux enfers, le récit des atrocités commises pendant dix années de violences et de conflit dans ce pays. Au fil des pages se déroulent des exactions (tueries à coups de machette, massacres, prisonniers brûlés vifs dans leurs maisons, attaques contre des enfants, utilisation du viol systématique comme arme de destruction des populations (rappelez-vous le film “l’homme qui répare les femmes”, du docteur Denis Mukwege, prix Nobel de la paix). tout un ensemble de violations les plus graves commises par une série d’acteurs armés, notamment les troupes étrangères, des groupes rebelles et les forces gouvernementales ainsi que le rôle joué dans ces conflits par l’exploitation des ressources naturelles

Le rapport conclut que la majorité des crimes commis peuvent être qualifiés de crimes contre l’humanité et/ou de crimes de guerre. Les noms des responsables de ces tueries sont connus et inscrit dans une annexe non publique accompagnant ce rapport.

Depuis la publication de ce rapport, il y a vingt ans, rien ne s’est passé. Amnésie ou Amnistie ???? Aucune poursuite judiciaire contre les coupables, beaucoup continuent à exercer des postes à responsabilité.

Avec un nouveau président, l’espoir de reconstruction qui est né, suppose que la lutte contre l’impunité soit entreprise. Travailler à la réconciliation du pays passe par une exigence de justice transitionnelle ou par la nécessité de juger les responsables de ces crimes par une juridiction nationale ou par la cour pénale internationale. Les populations congolaises espèrent enfin voir le pays s’engager dans une nouvelle voie plus respectueuse des populations locales et des droits de l’homme. intervenons : https://acatfrance.fr//rapport-mapping-a-quand-la-justice-en-rdc