4 juillet 2022

Triste anniversaire : 10 octobre journée internationale pour l’abolition de la peine de mort, alors que les exécutions capitales se multiplient au Cameroun

Accusées d’espionnage et de complicité avec Boko Haram, quatre jeunes femmes n’ont eu droit qu’à une parodie de procès devant un tribunal militaire partial. Elles ne sont pas les seules à faire les frais d’une lutte antiterroriste effrénée, qui se solde souvent par des condamnations à mort à l’issue de procès inéquitables.
Kilanta, Martha, Marie, Damaris avaient quitté le Cameroun pour être employée de maison au Nigéria. A leur retour, elles sont dénoncées comme espionne de Boko Haram. A l’issu d’un procès bâclé, elles sont condamnées à mort sans appel possible.
Cette situation vient du vote de la loi antiterroriste du 23 décembre 2014, loi adoptée pour répondre à la menace grandissante que représentait Boko Haram pour le Cameroun. Cette loi qui vient en contradiction avec les engagements juridiques internationaux prévoit des sanctions très lourdes et dramatiques comme la peine de mort à des actes qualifiés de terroriste. Avec une définition bien trop large du terme terrorisme définition qui englobe les grèves, les manifestations et les appels à la désobéissance civile.
Cette situation aboutit à une prolifération de condamnations à mort (au moins 100 personnes) dans le cadre de procès militaires inéquitables. Ces dérives répressives conduisent à une restriction globale des droits fondamentaux dans le pays.
Intervenons auprès du président de la république du Cameroun pour que cesse cette dérive de justice expéditive.
http://www.acatfrance.fr/actualite/jagis-pour-kilanta–martha–marie-et-damaris–condamnees-a-mort-

Il y a trente cinq ans que ce châtiment a été supprimé en France. L’ACAT rappelle notamment que la peine capitale :
Relève de la vengeance, pas de la justice. La justice doit contribuer à protéger les citoyens –tous les citoyens – non les mettre à mort.
Mène à l’exécution d’innocents.
Ne permet pas de lutter contre le terrorisme, contrairement à ce que certains pensent. La peine de mort sert à une seule chose : donner l’illusion aux citoyens que leur gouvernement agit avec fermeté.
Est toujours inutile car non dissuasive. En France par exemple, on compte environ un millier de meurtres – tous mobiles confondus – par an : c’était le cas quand la peine de mort était en vigueur, comme c’est le cas aujourd’hui.
Même légale, elle relève de l’horreur.