20 janvier 2022

Un service d’église: l’accueil des familles en deuil

Christine Joblot et Monique Branque

Dans nos paroisses des laïcs accueillent les familles en deuil et animent les funérailles, soit en assistant le prêtre, soit en présidant la célébration.Depuis plus de dix ans, Monique Branque assure ce service d’Eglise après avoir été appelée par le curé de sa paroisse à s’engager dans cette mission.

Mâcon-Magazine : Parlez-nous de ce service, en quoi consiste-t-il ?
En une priorité pour moi : écouter ! Prendre le temps nécessaire pour rencontrer la famille.
Lui permettre ainsi d’exprimer ses émotions, ses souvenirs avec le défunt, sa révolte parfois, ses regrets voire ses conflits. Une nécessité : saisir à travers ce qui est dit, ce que la famille, semble-t-il, attend de nous : compassion, soutien, sans jugement. À nous de ne pas perdre de vue le sens de notre mission de baptisé. Il s’agit d’annoncer l’Espérance chrétienne dans la Foi au Dieu de Jésus-Christ et témoigner de notre Foi en la Résurrection. À la suite de ce partage, nous pouvons bâtir ensemble la cérémonie. Nous aidons la famille à cheminer d’une parole humaine à la Parole de Dieu lors du choix des textes et musiques retenus pour la célébration.

Qu’est-ce que votre présence apporte aux familles ?
C’est à elles qu’il faudrait le demander !
Surement la possibilité d’un dialogue en toute confiance. L’Eglise est, à cet instant chargé d’émotions, un lieu d’expression où sont évoqués les liens avec le défunt. Parfois même elle permet l’ouverture d’un chemin de réconciliation. Elle donne l’occasion de s’interroger sur le sens de la vie, de cheminer de la douleur à l’Espérance apaisante. Souvent elle permet à la famille de se resituer par rapport à la Foi chrétienne.
Notre implication dans ces moments de deuil peut conduire les personnes que nous accompagnons à redécouvrir l’Eglise d’aujourd’hui.

Comment vivez-vous votre engagement ?
Ce service est pour moi une leçon de vie et d’humilité. Je suis émerveillée de voir comment, dans l’épreuve, des personnes ont la capacité de se dépasser pour continuer à vivre. Je reçois de ces rencontres une réelle richesse qui me fait « grandir » humainement et spirituellement. Pour accomplir ce service, je m’appuie sur ma Foi en Jésus-Christ ressuscité, sur la prière et sur l’action de l’Esprit Saint « pour trouver les mots qui conviennent ».

Appel :
Les funérailles sont une terre de semence de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ dont nous sommes les « porte-paroles » et les témoins. Les familles en deuil attendent de l’Eglise une écoute et une Espérance. Nous ne sommes pas assez nombreux. Il est urgent que des laïcs osent s’engager pour ce service. Il ne s’improvise pas ! Une formation locale et diocésaine est proposée : elle est passionnante !
Parler de la mort, c’est dire la Vie !…

Propos recueillis par Bernard Lanery

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